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CENTRES D’ART NUMÉRIQUES

Le Théâtre Antique d'hier à aujourd'hui

-125 Fondation de la Narbonnaise

La prospérité de la colonie grecque de Massalia (actuelle Marseille) attire très tôt la convoitise des Romains. Lorsque cette dernière entre en conflit avec les tribus celtes des environs, la Cité demande elle-même de l’aide aux Romains. Dès lors, les Romains ne quittent plus la région et étendent leur territoire sur le rivage méditerranéen de la Gaule. Cette province, qui va des Alpes aux Pyrénées, prend alors le nom de Narbonnaise.

-55 Les premiers théâtres en pierre à Rome

Pompée fait construire à Rome le premier théâtre en pierre. Avant lui, les Romains s’étaient longtemps contentés de théâtres démontables construits en bois où seuls les spectateurs des premiers rangs pouvaient s’asseoir. La construction de théâtres permanents était interdite, le Sénat voulant empêcher que les divertissements détournent le peuple de ses devoirs religieux et civiques.

-36 Fondation d'Orange

Orange (Arausio en latin) est fondée par les vétérans de la IIe légion gallique de César. Cette légion s’installe après la conquête des Gaules menée par Jules César qui s’achève avec la victoire d’Alésia en 52 avant J.C.

100 Construction du Théâtre

Quelques décennies après la fondation d’Orange, sous le règne d’Auguste, le Théâtre d’Orange, adossé à la colline Saint-Eutrope, voit le jour. Avec celui d’Arles, il fait partie des premiers grands édifices publics construits dans la province Narbonnaise au début de l’Empire.

391 Le christianisme, religion officielle de l’Etat

L’empereur Théodose fait du christianisme la religion officielle. Cultes et plaisirs païens sont rapidement interdits. Les temples sont démolis ou reconvertis en églises. Amphithéâtres, cirques et théâtres sont fermés et laissés à l’abandon, voire pillés et utilisés comme carrières de pierres. La ville d’Orange connait le même sort. Elle devient un évêché, l’un de ses temples est détruit et remplacé par une église. Même s’il reste debout, le théâtre est fermé.

412 Les Wisigoths envahissent Orange

Tout au long du Ve siècle, les Barbares déferlent sur l’Empire. C’est ainsi que les Wisigoths prennent la ville d’Orange, pillent et saccagent les monuments. Le Théâtre Antique n’échappe pas à la démolition. Les pierres des gradins sont utilisées pour faire des sarcophages, les décors du mur de scène sont arrachés, la statue de l’Empereur est détruite et le toit du théâtre est incendié. Ces invasions et la désorganisation politique de l’Empire accélèrent la dissolution du monde romain et marquent la fin de la puissance de la civilisation romaine ainsi que de ses rites.

900 Orange entre dans l’empire carolingien

Guillaume au Cornet, comte de Toulouse et parent de Charlemagne, se voit confier le comté d’Orange après qu’il eût arraché la ville aux Sarrasins. Son blason, orné d’un cor noir, est à l’origine de l’emblème de la ville qui représente un cornet sur trois oranges. Ses successeurs font d’Orange une principauté et le théâtre accueille à nouveau des spectacles organisés par l’Eglise et des troupes ambulantes viennent se produire sur la scène.

1562 Orange et les guerres de religion

Au XVIe siècle, Orange, gouvernée par des princes protestants, est impliquée dans les guerres de religion. La ville est saccagée et les habitants fuient pour échapper aux tueries. Quelques temps plus tard, les princes d’Orange parviennent à restaurer la paix dans la cité. Cette quiétude, qui dure plus de 100 ans, permet à la ville de se développer et la population se trouve vite à l’étroit. Les habitants commencent à construire quelques maisons dans l’enceinte du Théâtre. Adossées au mur de scène et sur les gradins, elles forment un véritable quartier traversé par une rue.

1789 La Révolution à Orange

Au XVIIIe siècle, des prisons sont aménagées dans l’épaisseur du mur de scène du théâtre ainsi que dans les basilicae (tours encadrant la scène). Elles servent surtout à entasser les détenus durant la Révolution.

1825 Restauration du Théâtre Antique

Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments Historiques, lance un vaste programme de rénovation. Le dégagement du Théâtre commence par le déblaiement des constructions situées dans le bâtiment de scène et sur les premiers gradins. Le Théâtre Antique retrouve alors sa fonction d’origine pour le plus grand plaisir du public.

1869 Les premières « Chorégies »

Partiellement restauré, le théâtre accueille pour la première fois les « Fêtes Romaines », plus tard rebaptisées en « Chorégies ». Trois notables orangeois, Anthony Réal, Félix Ripert et Alphonse Bernard les organisent. Ils rassemblent ainsi plus de 10 000 spectateurs pour assister au spectacle « Joseph » de Méhul et à une cantate à la gloire des Romains, « Les Triomphateurs ». Devant la magie et l’acoustique unique du lieu, le succès est immédiat.

1902 Les Chorégies, un événement annuel

Les « Fêtes romaines » sont rebaptisées « Chorégies » (du grec khoregos qui signifie « meneur de chant »). La manifestation devient annuelle. Pièces de théâtre, spectacles lyriques, ballets, et concerts symphoniques vont se partager les lieux. Les célébrités se succèdent sur les planches : en 1903, la grande Sarah Bernhardt interprète l'un de ses plus beaux rôles dans « Phèdre » de Racine.

Jusqu’à la Seconde guerre mondiale, Orange demeure la chasse gardée de l’Opéra de Paris et de la Comédie française.

1920 Découverte des vestiges du temple

Des fouilles réalisées mettent au jour les vestiges d’un temple et de son autel, construits sur un grand dallage de pierre, au cœur d’un hémicycle. Autrefois entouré d’un portique semi-circulaire composé de 52 colonnes, quelques archéologues considèrent ces ruines comme les restes d’un cirque ou d’un stade. On pense aujourd’hui que le Théâtre et l’édifice en hémicycle constituaient un augusteum, ensemble consacré au culte de l’empereur.

1931 Des fouilles sous la scène

A ses débuts, le mur du théâtre était richement décoré de plaques de marbres multicolores, de statues dans des niches, de frises et de colonnes. Seul décor architectural du théâtre, il n’évoluait pas pendant la représentation, mais certains éléments mobiles et accessoires étaient installés pour créer l’illusion de mouvement, d’espace et de perspective. Les fouilles entreprises par Jules Formigé ont permis de remonter les colonnes actuellement en place, disparues avec le temps.

1971 Les « Nouvelles Chorégies »

Le ministère de la Culture attribue le théâtre à Avignon, l’art lyrique et les concerts symphoniques à Orange. Débute alors l’ère des « Nouvelles Chorégies », inaugurées par Carlo Maria Giulini et Montserrat Caballé. La présence d’artiste et de formations mondialement reconnus renforce l’aura internationale du Théâtre Antique.

1975 Orange 75

Dans le cadre d’une grande tournée européenne mise en œuvre par Miles Copeland, le « Startruckin Tour », les plus grandes stars du rock se produisent sur la scène du Théâtre Antique durant trois jours. L’ensemble de la scène britannique y est réuni. Paris Match écrit à l’occasion d’Orange 75, en comparant l’événement à Woodstock : « Les choses ont bien changé. La rockmusic pénètre dans ces édifices construits par nos ancêtres… les romains. On n’a d’ailleurs pas fait mieux depuis en matière d’auditorium ».

1981 Patrimoine mondial de l’UNESCO

Certainement l’un des plus beaux héritages de la Rome Impériale, le théâtre le mieux conservé d’Europe est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Il doit sa renommée à son magnifique mur de scène, étonnamment préservé et unique dans le monde occidental.

103 mètres de long, 1,80 mètre d'épaisseur et 37 mètres de hauteur : le roi Louis XIV disait de l’imposante façade qu’elle était « la plus belle muraille de mon royaume ».

2002 Culturespaces, délégataire du Théâtre Antique

Le Conseil Municipal de la ville d’Orange confie à Culturespaces la mise en valeur, la gestion des visites, l’animation culturelle et la promotion du Théâtre Antique et du Musée d'Orange. Culturespaces organise chaque année, en concertation avec la ville, de nombreuses animations (concerts, reconstitution des Légions Romaines…).

2006 Un nouveau toit de scène

Le projet de cette immense verrière de 1000 m² a vu le jour en 2004 et s’est achevé en 2006. Au Ier siècle, les Romains avaient construits une charpente de bois supportant un toit mais tous deux ont brûlé lors d’un gigantesque incendie au IVe siècle. Plutôt que de tenter une reconstitution approximative de la charpente en bois d’origine, Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques, décide de s’orienter vers une architecture moderne. Ainsi, cette couverture contemporaine de verre et d’acier, fruit de recherches scientifiques et archéologiques poussées, assure une protection efficace du mur de scène et le met en valeur.