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Histoire de la ville d'Orange

Les origines

La ville d’Orange, autrefois appelée Arausio, doit probablement son nom à une rivière divinisée dont la localisation reste aujourd’hui débattue. En 36 avant J.-C., elle devient une colonie romaine peuplée des vétérans de la IIe Légion Gallica, nommée sous l’initiative de Jules César. La ville adopte alors une organisation urbanistique romaine en damier. Orange prospère durant l’Antiquité, notamment parce qu’elle se situe à l’intersection de la Via Agrippa, une voie romaine conçue par Marcus Vipsanius Agrippa au Ier siècle avant J.-C qui relie Arles à Lyon et structure la Gaule. Orange devient alors un centre urbain doté d’un forum et son ensemble de temples dont fait partie celui qui est adossé au théâtre, aujourd’hui à l’état de vestige. La ville se pare de monuments remarquables, tels que le Théâtre et l’Arc de triomphe qui faisait office de porte d’entrée de la ville, symbolisant la paix retrouvée sous Auguste aux frontières et à l’intérieur de l’Empire.

Illustration vue aérienne d'Orange, aquarelle ©Jean-Claude Golvin

Moyen-âge et époque moderne

Au Moyen Âge, la ville passe sous diverses autorités et devient une principauté en 1163. Orange est idéalement située puisqu’elle se trouve au carrefour entre le Saint-Empire romain germanique, le royaume de France, le comté de Provence, et bénéficie de la proximité avec la Papauté d’Avignon. De plus, elle est établie sur une plaine de la vallée du Rhône, synonyme d’activités marchandes et rurales importantes. Elle est intégrée à la maison de Nassau au XVIe siècle, ce qui lui confère une importance politique et militaire. Rattachée au royaume de France en 1713 par le traité d’Utrecht, Orange conserve un important patrimoine historique, témoin de son riche passé dont vous pouvez profiter au Musée d’art et d’histoire, situé face au Théâtre antique.

Histoire et origine du Théâtre

Édifice construit au début de l’Empire romain sous le règne d’Auguste (Ier siècle après J.-C.), le Théâtre antique d’Orange est le théâtre romain le mieux conservé du monde occidental. À son apogée, le Théâtre est le lieu culturel principal d’Orange accueillant de nombreuses pièces théâtrales, et symbolise la puissance romaine dans la région.

 

Après la période de son âge d’or durant l’Antiquité, le Théâtre subit les invasions barbares au Ve siècle durant lesquelles il est incendié et pillé. Puis il est peu à peu abandonné avec le triomphe du christianisme. Au Moyen Âge, des pierres sont prélevées dans les gradins et réemployées aux alentours, tandis que le Théâtre est investi par des habitations qui permettent de sauver l’élévation. Il devient également un poste de défense et une guérite est bâtie sur son enceinte. Il faut attendre le XIXe siècle et l’intervention de Prosper Mérimée (Inspecteur des Monuments historiques) et d’Auguste Caristie (architecte) pour qu’il soit réhabilité et retrouve sa vocation initiale. Classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, le Théâtre antique d’Orange reste aujourd’hui un haut lieu de culture.

Mur de scène ©Éric Spiller

Architecture et caractéristiques

Le Théâtre d’Orange suit le modèle romain classique, inspiré du Théâtre de Marcellus à Rome. Il est construit à même le versant nord de la colline Saint-Eutrope et comprend trois parties principales :

 

Les gradins : Le terme utilisé par les Romains est cavea. Il désigne l’ensemble des gradins en hémicycle pouvant accueillir jusqu’à 9 000 spectateurs. La hiérarchie sociale était respectée, les notables étant placés au plus près de la scène. Les citoyens sont placés dans les rangées au-dessus. Enfin, les esclaves, les étrangers et les femmes sont placés aux rangs les plus éloignés de la scène.

 

Le mur de scène : Haut de 37 mètres, il assurait une excellente acoustique et servait de décor permanent. La disposition des gradins ainsi que les matériaux de constructions comme les différents calcaires gréseux favorisent une qualité sonore encore intacte. Il était richement ornementé de colonnes et de statues faites de marbres provenant d’Italie, de Tunisie ou encore de Turquie.

 

La scène : Du latin scaena, cette dernière est longue de 61 mètres et bordée de coulisses appelées basilicae (les deux tours, coté est et ouest du Théâtre). Les acteurs jouaient sur la partie avant de la scène, le pulpitum. Le rideau de scène, unique en son genre, était abaissé dans une fosse plutôt que levé. Le plancher de la scène se trouve à 1,20m du sol, espace qui servait à la machinerie à l’époque romaine.

Reconstitution virtuelle du mur de scène ©Art Graphique & Patrimoine

Un autre élément niché au cœur du mur de scène attire l’attention : la statue dite « d’Auguste » en marbre blanc. Partiellement détruite, la statue est remontée en 1950, et plusieurs morceaux de différentes statues ont été utilisées pour sa restauration. Le résultat n’est donc pas tout à fait historique. Il s’agit au départ, d’une statue d’Auguste voire d’Apollon. Les têtes étant amovibles, le visage changeait à mesure que les empereurs se succédaient. Le gaulois au pied de la statue représente la domination romaine en Gaulle.

Vue rapprochée de la statue d'Auguste ©Éric Spiller

Les spectacles dans l'Antiquité

Les Romains étaient friands de divertissements et le Théâtre d’Orange accueillait différents types de spectacles :

 

Les tragédies sont des représentations accompagnées de chœurs. Sous le règne d’Auguste, à l’époque de la construction du Théâtre antique d’Orange, les tragédies sont souvent délaissées ou réservées à de petits théâtres consacrés aux textes de qualité, les odéons.

 

Les comédies quant à elles sont inspirées des auteurs grecs comme Sophocle et Euripide, mais adaptées à la culture romaine par des auteurs tels que Plaute et Terence. Il s’agissait de pièces de théâtre à visée humoristique, héritées et adaptées du modèle grec, notamment des œuvres d’auteurs comme Ménandre. Ces représentations, souvent jouées lors de fêtes religieuses ou d’événements publics, mêlaient satire sociale, quiproquos, déguisements et malentendus amoureux.

 

La farce atellane s’apparente à une comédie burlesque mettant en scène des personnages caricaturaux avec des masques aux traits exagérés. D’origine osque (ancien peuple de l’Italie actuelle), la farce atellane est la première forme de pièce courte improvisée à la fin d’une tragédie. Popularisée par les succès de ces spectacles, elle amène les acteurs amateurs à se professionnaliser. Quatre personnages typiques, Maccius, le paysan glouton et niais ; Bucco, l’affamé ; Pappus, le vieillard avare et volé et enfin Dossenus, le bossu vagabond reviennent à chaque représentation.

 

Le mime et la pantomime sont deux types de spectacles muets accompagnés de musique et de danse. Le pantomime est une invention romaine qui émerge à la fin de la République (de 509 à 27 av. J.-C.). L’acteur, seul sur scène, incarne plusieurs personnages à travers des gestes codifiés, accompagné d’un chœur et d’un orchestre. Les récits mythologiques, souvent tragiques, servent de base au spectacle. Le mime, quant à lui, apparaît au début de l’Empire et remplace progressivement les farces atellanes. Plus qu’une simple introduction, il devient un spectacle à part entière. Relativement court, le mime est inspiré de légendes mêlées à des intrigues romanesques et des aventures amoureuses, ils parodient la vie domestique mais aussi la politique ou la mythologie.

 

Ces spectacles étaient marqués par des effets spéciaux, comme les machineries scéniques (projection de gouttelettes sur le public par les sparsiones ou activation d’une machine qui tractait des personnages sur scène) et l’utilisation de décors mobiles comme les périactes (structures triangulaires pivotantes). Ces représentations étaient gratuites et parfois obligatoires, le pouvoir romain les utilisant pour distraire et « encadrer » la population.

Le Théâtre aujourd'hui

Depuis le XIXe siècle, le Théâtre antique d’Orange a retrouvé sa vocation d’origine et accueille chaque année de nombreuses représentations qui contribuent à sa valorisation, en plus d’être ouvert à la visite 365 jours de l’année.


Les Chorégies d’Orange sont depuis 1869 le plus ancien festival d’art lyrique et bénéficient d’une réputation internationale tant grâce à l’acoustique exceptionnelle du Théâtre qu’à la notoriété des artistes reçus. Elles sont aussi connues pour leurs décors grandioses, comme ceux d’Elektra (1991), des Contes d’Hoffmann (2000) ou du Barbier de Séville (2018).


Depuis 2019, le POSITIV Festival investit chaque été le Théâtre antique d’Orange pour proposer une série d’événements musicaux incontournables. Depuis sa création, le festival a accueilli les plus grands noms de la scène électronique mondiale, tels que David Guetta, Martin Garrix, Timmy Trumpet et Paul Kalkbrenner. Mais il a aussi ouvert ses portes à des légendes pop-rock tels que Sting, Toto, Deep Purple et Woodkid, offrant une programmation éclectique pour tous les âges. Perpétuant l’esprit novateur du Théâtre antique, le POSITIV Festival transforme chaque concert en une expérience immersive grâce au vidéomapping, une technologie où la lumière et les images projetées épousent les formes du mur antique pour créer des effets visuels spectaculaires.


Depuis plus de 150 ans, le Théâtre antique d’Orange résonne au son des plus grands artistes : Sarah Bernhardt, Dalida, Johnny Hallyday, Francis Cabrel, The Cure, Sting, Jamiroquai, David Guetta ou encore Will Smith.


De nombreuses expériences de visites sont également proposées à travers des parcours thématiques à la découverte du génie romain ou des événements ayant rythmé l’histoire du monument, des expériences immersives avec la technologie de la réalité virtuelle et du spectacle vivant à la rencontre de personnages historique dans l’enceinte du monument. Des ateliers pédagogiques accessibles à tous sont également proposés durant la saison estivale.


L’Odyssée Sonore – Quand les Dieux s’en mêlent est un spectacle proposé chaque année, dès le mois de mai, pour vivre une aventure hors du commun à la tombée de la nuit.

Le Théâtre antique d’Orange propose un nouveau chapitre de son Odyssée Sonore : Quand les Dieux s’en mêlent.

Ce spectacle mêlant vidéomapping monumental et expérience sonore à 360° vous plongera dans un voyage spectaculaire inédit aux côtés de Terra, la déesse de la Terre, pour rétablir l’harmonie entre les hommes et les dieux. Après 2000 ans de sommeil, Terra, la déesse de la Terre, se réveille au Théâtre antique d’Orange. Les dieux et les humains se sont éloignés et le Chaos menace de ressurgir. Pour éviter la catastrophe, Terra doit convaincre ses enfants, les autres dieux, de rétablir l’harmonie entre le terrestre et le céleste. Une expérience immersive inédite dans laquelle le spectateur devient acteur de cette quête mythologique.

L'Odyssée Sonore @Cyril Cortez
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